Lundi 12 janvier 2009
 C'est alors que se présenta un problème : Eudes-Eliotte n'avait PAS de carte au trésor. Mais il en avait franchement assez de faire sans arrêt des allers-retours, alors il continua. Tant pis.
"Allah jeta ai !" comme il disait toujours, et puis "qui dîne dort". À force de marcher, Eudes-Eliotte arriva à Ripas, dans la banlieue parisienne. Il se dit que ce n'était sûrement pas ici qu'on allait cacher un trésor. Il passa son chemin. Il décida de faire une halte près du collège de Pusteak, où bon nombre de jeunes gens apprenait à cuisiner comme de vrais magiciens. Peut-être trouverait-il là-bas un compagnon de route pour sa quête.

 Il faut savoir que le personnage qu'Eudes-Eliotte va rencontrer ultérieurement parle en postillonnant, comme un gogol, avec la langue entre les dents. Vous imaginez ? Bon, continuons.

Il s'installa près d'un lac aux eaux d'argents qui bordait ce collège. Il était à peine en train d'installer son lit en kit, qu'un jeune garçon de son age -une sizaine d'année- s'approcha.
« Bonzour, ze m'appelle Zibrale.
« Pardon ? demanda Eudes-Eliotte, reculant devant les postillons. Une seconde, je sors mon parapluie et je suis à toi. Ainsi donc, tu t'appelles... Zibrale ?
« Naaan ! pas Zibrale : Zi-brale !
« Ah, Gibrale ?
« Oui, c'est ça, Zibrale. Il affichait un sourire à la fois niais et satisfait.
« Bien sûr... fit le binoclard, sceptique. Et... que veux tu donc, mon ami ?
« Ze peux t'aider ?
« Oui, si tu veux, répondit Eudes-Eliotte, pétrifié d'horreur à l'idée de mourir dans d'atroces souffrances, noyé dans une mer de salive.
« Té qui ?
La salve était partie sans prévenir, rapide, véloce, impitoyable, et Eudes-Eliotte n'avait pu lever son parapluie à temps. C'est trempé, mais très sérieux qu'il annonça :
« Je suis chercheurdetrésorien, et un jour, trouveurdetrésorien. Et... Eudes-Eliotte, aussi.
« Moi, ze suis Zibrale.
« C'est bon, j'avais compris, dit Eudes-Eliotte, exaspéré.
Eudes-Eliotte avait une certaine pitié de ce garçon. Il décida de le garder. Après tout, se disait-il, tous les héros possèdent leurs faire-valoir. Ou au minimum quelqu'un pour porter leurs sacs.
Gibrale était un cuisinier talentueux (il venait du collège Pusteak) et était très sympathique, malgré sa fâcheuse tendance à expectorer dans le visage de ces interlocuteurs.

Par Eudes-Eliotte
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